Famille : les parents peuvent désormais nommer leur enfant né sans vie

En décembre 2020, une proposition de loi visant à nommer les enfants nés sans vie a été déposée devant le Sénat. Ce texte comprenant un article unique, a été adopté par le Sénat et l’Assemblée nationale, sans qu’aucune modification n’ait été apportée.

 

La loi n° 2021-1576 du 6 décembre 2021 est venue compléter l’article 79-1 du Code Civil (son alinéa 2) pour renforcer certains droits des parents d’un enfant né sans vie. L’article unique de cette loi, entrée en vigueur le 8 décembre 2021. dispose désormais : 

 

 

« Lorsqu’un enfant est décédé avant que sa naissance ait été déclarée à l’état civil, l’officier de l’état civil établit un acte de naissance et un acte de décès sur production d’un certificat médical indiquant que l’enfant est né vivant et viable et précisant les jours et heures de sa naissance et de son décès.

 

 

À défaut du certificat médical prévu à l’alinéa précédent, l’officier de l’état civil établit un acte d’enfant sans vie. Cet acte est inscrit à sa date sur les registres de décès et il énonce les jour, heure et lieu de l’accouchement, les prénoms et noms, dates et lieux de naissance, professions et domiciles des père et mère et, s’il y a lieu, ceux du déclarant. 

 

Peuvent également y figurer, à la demande des père et mère, le ou les prénoms de l’enfant ainsi qu’un nom qui peut être soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux dans la limite d’un nom de famille pour chacun d’eux. Cette inscription de prénoms et nom n’emporte aucun effet juridique. L’acte dressé ne préjuge pas de savoir si l’enfant a vécu ou non ; tout intéressé pourra saisir le tribunal judiciaire à l’effet de statuer sur la question ».

 

 

En résumé

Cette loi accorde donc aux parents d’un enfant né sans vie, le droit de lui donner un nom et un prénom ; et non simplement un prénom comme antérieurement. Toutefois, cette inscription de prénoms et nom n’emporte aucun effet juridique. Ainsi, elle ne vaut pas  reconnaissance de la personnalité juridique de l’enfant né sans vie, ni reconnaissance de liens de filiation. 

 

L’objectif est d’accompagner le deuil des parents par une inscription mémorielle de l’enfant sans vie à l’état civil.

 

Me Nadège TARDIF, Avocat en droit de la famille à Caen, se tient à votre disposition pour toutes précisions.